Las Terrenas et la péninsule de Samaná, un paradis menacé ?

J’ai découvert Las Terrenas en 2017. À l’époque, j’y ai trouvé un village encore préservé, un équilibre fragile mais réel entre nature, habitants et tourisme. Ces neuf dernières années j’ai vu un paysage qui changeait, parfois de manière subtile, parfois de façon plus brutale.

Il suffit d’aller à Playa Bonita, et plus précisément à Punta Bonita, pour s’en rendre compte. Là où se trouvait autrefois une vraie pointe de sable, presque un petit lagon naturel, la mer avance aujourd’hui. L’érosion est visible. Des sortes de barrages ont été installés pour empêcher l’eau d’atteindre le chemin longeant la plage. Ce sont des solutions temporaires, qui racontent surtout une chose : la nature commence à tirer la sonnette d’alarme.

Las Terrenas reste un paradis, oui. Mais derrière cette carte postale se cachent aussi des réalités qu’on ne peut plus ignorer. Cet article n’a pas vocation à dramatiser, encore moins à décourager mais plutôt pour poser un regard honnête sur les défis environnementaux auxquels la péninsule de Samaná fait face aujourd’hui.

Pollution et gestion des déchets : l’envers du décor

Depuis 2021 – 2022, on voit de plus en plus de visiteurs à Las Terrenas, et avec eux viennent de nouvelles habitudes de consommation. Le problème, c’est que les infrastructures du village, notamment de gestion des déchets ne suivent pas cette croissance.

Dans certaines zones, après de fortes pluies, des déchets (quand ils ne sont pas brûlés) se retrouvent dans les rivières qui traversent la péninsule. Ces rivières finissent, naturellement, par se jeter dans la mer. Plastiques, emballages, déchets ménagers… tout ce qui est mal géré à l’intérieur des terres finit par atteindre l’océan.

Ce n’est pas une question de mauvaise volonté individuelle, mais plutôt de manque de solutions globales. La collecte est inégale, le tri inexistant, et certaines zones restent livrées à elles-mêmes. Résultat : un environnement exceptionnel qui paie le prix d’un développement plus rapide que les moyens mis en place pour le protéger.

Eau, électricité, infrastructures : un développement plus rapide que les capacités

Autre sujet, pas toujours visible pour les voyageurs de passage, mais bien réel pour ceux qui vivent ici : l’eau et l’électricité. À Las Terrenas, les coupures de courant font partie du quotidien. L’accès à l’eau potable est inexistant et le traitement des eaux usées reste un enjeu majeur.

Avec l’augmentation de la population, le développement immobilier et l’arrivée de nouveaux projets touristiques, la pression sur ces ressources s’intensifie. Sans investissements suffisants dans les infrastructures, le risque est clair : un développement déséquilibré, qui fragilise autant l’environnement que la qualité de vie locale.

À cela s’ajoute un autre problème : la circulation. Las Terrenas n’a pas été pensée pour accueillir autant de véhicules. Les deux axes principaux du village, qui concentrent l’essentiel du trafic, se retrouvent régulièrement saturés, surtout aux heures de pointe et le week end. Ce qui donnes des embouteillages dans un village qui, il y a encore quelques années, se traversait plus facilement.

Tourisme, croisières et grands projets : opportunité ou risque ?

La péninsule de Samaná, et Las Terrenas en particulier, attirent de plus en plus. Il n’y a qu’à voir les reportage TV passés dernièrement sur TF1 ou sur M6.
Nouveaux projets immobiliers, hôtels qui ouvrent, arrivée de gros bateaux de croisière à Samaná, vols directs avec Air Caraïbes vers El Catey (l’aéroport situé à 30 min de Las Terrenas)… tout va plus vite, beaucoup plus vite… beaucoup trop vite ?

Bien sûr, tout cela apporte des choses positives. Du travail, de l’activité, des opportunités pour beaucoup de Dominicains. Mais sur le terrain, on sent aussi une pression grandissante. Les bateaux de croisière, par exemple, déversent des milliers de visiteurs en quelques heures. La région n’a ni les infrastructures ni les systèmes environnementaux pour absorber ce type de tourisme sans conséquences, notamment pour la mer et les zones côtières.

On voit aussi arriver de gros investisseurs, des projets toujours plus grands, plus hauts, plus “internationaux”. Parfois, on a presque l’impression que Las Terrenas pourrait devenir une version caribéenne de Miami ou de Los Angeles.

Las Terrenas, on l’aime justement pour ce qu’elle n’est pas. Pour son côté simple, vivant, un peu désorganisé parfois, mais humain. Pour ses plages encore libres, ses chemins de sable, son rythme à part et cette sensation unique de liberté.

Si j’en parle aujourd’hui, ce n’est pas pour alarmer ou en faire tout un drame. Ni pour critiquer car j’aime profondément Las Terrenas, depuis le premier jour où j’y ai mis les pieds, il y a presque 10 ans. C’est justement parce que quand on aime un lieu, on ne parle pas seulement de ce qui est beau. On parle aussi de ce qui inquiète, de ce qui mérite d’être regardé autrement. Préserver Las Terrenas, c’est aussi avoir le courage de poser ces questions maintenant, avant qu’il ne soit trop tard…

Je vous laisse avec quelques photos de Las Terrenas, comme on l’aime ♡

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Claudia

Voyageuse passionnée, amoureuse de Las Terrenas que j'ai découvert il y a 6 ans, je partage mes découvertes et conseils avec vous pour vous aider à organiser votre voyage dans la péninsule de Samaná en République dominicaine

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